Les pièges de l’identité culturelle

Pièges de l'identité culturelle_

Livre de Régis Meyran et Valérie Raspuls (Ed Ber International. Février 2014).

Les pièges de l’identité culturelle

Note de lecture extrêmement brève.

Les pièges de l’identité culturelle : Culture et culturalisme en sciences sociales et en politique (XIXe-XXIe siècles)

Le relativisme modéré

Les cultures sont différentes les unes des autres mais elles ne sont pas inégales (il n’y a pas de culture inférieure et/ou supérieure) (Lévi – Strauss) : l’accord semble général sur ce point.

 

Le différentialisme

Pour les différentialistes, il n’y a certes pas de culture inférieure ou supérieure mais on ne peut comprendre une culture que si on y est intégrée, les cultures sont closes les unes par rapport aux autres (relativisme excessif). Il est difficile voire impossible de comprendre une autre culture que la sienne affirment-ils. Les auteurs de ce livre critiquent cette approche surtout quand elle se traduit par l’affirmation que chaque culture doit être maintenue séparée des autres, de façon à ce qu’elle conserve sa « pureté ».

 

Le culturalisme

La culture est une construction mythique qui serait fait d’éléments purs n’ayant pas varié depuis la nuit des temps (essentialisme). La culture est alors pensée comme une explication totalisante du comportement et de la pensée des membres d’une même nation (culturalisme).

 

La thèse principale des auteurs (excessivement résumée à ma manière)

Selon les auteurs, des intellectuels d’extrême droite développent les thèses différentialistes et culturalistes de façon à substituer la notion de culture à la notion de race. En s’appuyant sur l’idée (fausses selon les auteurs) d’incommunicabilité entre les cultures, ces intellectuels culturalistes disent (en gros) : certes, il n’y a pas de race supérieure, certes il n’y a pas de culture supérieure mais les cultures sont différentes, il faut respecter ces différences mais admettre qu’il ne peut pas y avoir de mixage (on se respecte mais chacun chez soi avec sa culture). D’ailleurs, il est légitime, pensent-ils, de préférer la sienne (première dérive selon les auteurs du livre) et même de la défendre quand elle est attaquée (deuxième dérive). En allant un peu plus loin, c’est le choc des cultures (« choc des civilisations »), le piège se referme.

 

Avec la crise économique et la multiplication des conflits géopolitiques, un nouveau racisme qui ne dit pas son nom est en train de se développer : le culturalisme.

 

L’inquiétude des auteurs est que ses idées se développent dans de nombreux secteurs de la société at pas seulement à l’extrême droite.

 

La première partie de ce livre évoque les différentes approches de la notion de culture en sciences sociales et la seconde, plus politique, est une alerte contre les « pièges de l’identité culturelle ». C’est la même préoccupation qui alimente Jean-Claude Kaufmann dans son livre Identités, la bombe à retardement (Ed Textuel. Mars 2014).

 

 

 

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